Transversal · C6 · lecture de 45 minutes

Guide de mise en œuvre

Pour vous approprier la démarche en autonomie : l’adapter à votre domaine, partager un vocabulaire commun et connaître ce qui reste à trancher.

Contextualiser selon votre domaine

Qui peuvent être les partenaires de savoirs, par quels intermédiaires les atteindre, quelles modalités d’entrée sont fréquentes et quelle vigilance s’impose. Ces indications ne prescrivent aucun niveau par discipline : le choix reste déterminé par l’objectif d’apprentissage, le contexte et les garanties disponibles.

Renseigné à titre d’hypothèse pour les domaines non représentés dans l’équipe de projet (Design et arts visuels, Musique et arts de la scène, Économie et services en partie) ; à compléter au terme de l’expérimentation.

Vigilance transversale 1

Dans le domaine Santé, des dispositifs de patient·es partenaires sont déjà institués : la boîte à outils doit s’y articuler plutôt que les concurrencer.

Vigilance transversale 2

Dans tous les domaines, le risque existe de traiter la contribution comme une matière première : la personne sollicitée pour ce qu’elle apporte, et non reconnue pour ce qu’elle fait.

Ossature du guide

Le guide complet agrège les composants dans un document autoportant, en libre accès sur la plateforme du Centre de développement professionnel. Sa rédaction définitive interviendra après l’expérimentation.

PartieContenuSur ce site
1Pourquoi associer des partenaires de savoirs à l’enseignement, et ce que cela supposeAccueil · à venir
2Choisir un niveau de participationBoussole · Niveaux
3Scénariser la séquenceCanevas
4Engager les personnesKit d’engagement
5Sécuriser l’interventionFiches éthique
6ÉvaluerGrilles
7Ce que l’expérimentation a apprisaprès le lot 3
8Contextualiser selon votre domaineCi-dessus
9Ressources, glossaire et bibliographieCi-dessous

Glossaire

Note de vocabulaire

Ce site emploie « partenaire de savoirs » là où les documents de projet parlent d’« expert·e d’usage ». Le terme souligne la réciprocité de la relation et le statut de savoir accordé à l’expérience, sans présupposer une professionnalisation.

Partenaire de savoirs
Personne associée à un dispositif d’enseignement pour la contribution qu’elle peut élaborer à partir d’une expérience directe pertinente, sans que cela suppose nécessairement une formation ou une professionnalisation préalable. Désignée « expert·e d’usage » dans les documents de projet.
Expertise d’usage
Mobilisation, dans une situation déterminée, d’un savoir issu de l’expérience directe d’une situation, d’un service ou d’une pratique professionnelle, reconnu comme ressource formative distincte du savoir académique et du savoir professionnel. L’expérience vécue ne devient pas mécaniquement une expertise : elle le devient lorsqu’elle est élaborée et mobilisée pour éclairer, discuter ou transformer une action ou un apprentissage.
Savoir expérientiel
Savoir constitué par l’élaboration réflexive d’une expérience vécue, distinct du récit brut de cette expérience. Plus ou moins formalisé, il se construit dans la mise en relation de l’expérience avec des questions, des situations et d’autres savoirs.
Pair-aidance et pair-formation
Mobilisation professionnalisée de l’expérience vécue, supposant une formation et une rétribution. Elle se distingue de la contribution ponctuelle et relève d’un régime propre.
Niveau de participation
Position sur l’échelle C1, déterminée par la prise que la personne exerce sur le contenu et le déroulement de l’enseignement.
Objet intermédiaire
Support matériel (maquette, prototype, carte, scénario) qui médiatise la relation entre des personnes ne partageant ni le même vocabulaire ni le même statut.
Participation de façade
Dispositif annonçant un niveau de participation que sa mise en œuvre ne tient pas, la contribution restant sans effet sur le travail produit.
Justice épistémique
Reconnaissance de la légitimité des savoirs issus de l’expérience, et correction du déficit de crédibilité dont ils font l’objet.

Ce qui reste à trancher

Cette version présuppose certaines réponses. Elles sont signalées ici pour qu’aucune ne soit tranchée implicitement.

Point ouvertCe que cette version présupposeDécision attendue
Nombre et dénomination des niveauxQuatre niveaux ; deux variantes documentéesLot de travail 1
Défraiement et rémunérationAucune règle énoncée, annexe évolutive à renseignerLot 2, avec les services compétents
Articulation avec la pair-formationDistinction posée au glossaire, non développéeCadre conceptuel, lot 1
Participation à l’évaluation certificativeTrois options documentées, aucune retenueLot 1, avant l’expérimentation
Variante de licenceCC BY-SA à confirmerAvant le jalon J5
Participation des étudiant·es et des partenaires à la conceptionNon tranchéComité de pilotage
Hébergement pérennePlateforme DevPro présupposéeEngagement institutionnel à obtenir

Références

  • Arnstein, S. R. (1969). A ladder of citizen participation. Journal of the American Institute of Planners, 35(4), 216-224.
  • Blumenfeld, P. C., Soloway, E., Marx, R. W., Krajcik, J. S., Guzdial, M., & Palincsar, A. (1991). Motivating project-based learning: Sustaining the doing, supporting the learning. Educational Psychologist, 26(3-4), 369-398.
  • Cabiati, E., & Raineri, M. L. (2016). Learning from service users’ involvement: A research about changing stigmatizing attitudes in social work students. Social Work Education, 35(8), 982-995.
  • Callon, M., Lascoumes, P., & Barthe, Y. (2001). Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique. Seuil.
  • Correia, G. (2025). Pair-former ? Une autre forme de participation (entretien mené par É. Faisca). Enfances & Psy, 105(3), 139-146.
  • Dewey, J. (1916). Democracy and education: An introduction to the philosophy of education. Macmillan.
  • Fricker, M. (2007). Epistemic injustice: Power and the ethics of knowing. Oxford University Press.
  • Gibey, L. (2024). Le travail avec les groupes de pairs et les formateurs-pairs (propos recueillis par P. Ancet). La nouvelle revue - Éducation et société inclusives, 98-99(1), 185-192.
  • Kolb, D. A. (1984). Experiential learning: Experience as the source of learning and development. Prentice-Hall.
  • Nanchen, B., & Bovigny-Sandoz, S. (2025). Teaching accessible tourism to tourism management students: The Swiss way of designing inclusive experiences. In N. Halpern, J. Rickly, B. Garrod, & M. Hansen (Éds.), Handbook of accessible tourism (p. 543-555). De Gruyter.
  • Nanchen, B., & Fragnière, E. (2025). From consultation to decision power of people with disabilities: New methods and tools for transdisciplinary service design. Touchpoint, 16(2), 13-17.
  • Nanchen, B., Rullac, S., Fragnière, E., Sandoz, S., & Weissbrodt, R. (2023). Innover avec et pour les personnes en situation de handicap. Vers une approche transdisciplinaire de co-innovation. Alter. European Journal of Disability Research, 17(4), 69-84.
  • Raynal, F., & Rieunier, A. (2012). Pédagogie, dictionnaire des concepts clés (9e éd.). ESF Sciences Humaines.
  • Rullac, S. (2018). Recherche action collaborative en travail social : les enjeux épistémologiques et méthodologiques d’un bricolage scientifique. Pensée plurielle, 48(2), 37-50.
  • Rullac, S. (2021). Les expertises d’usage et usagère : quelles définitions pour quelle participation ? Revue [petite] enfance, 135, 28-36.

C6 · version 0.1 · contact : gaetan.bussy@he-arc.ch · révision prévue au jalon J4 · CC BY-SA (variante à confirmer)